Recherches sur l'hémochromatose
en Midi-Pyrénées

image sparation
image sparation


 

L'hémochromatose, une maladie du métabolisme du fer dont les conséquences peuvent conduire à une mort prématurée

En Europe du Nord, plusieurs millions d'individus sont porteurs, le plus souvent sans le savoir, de la mutation C282Y du gène HFE. Cette mutation les expose au risque de développer une maladie génétique peu connue, l'hémochromatose. Les porteurs homozygotes, c'est-à-dire ceux qui ont hérité la mutation de chacun de leurs parents et la détiennent donc en deux exemplaires (180 000 Français sont dans ce cas) ont en effet pour caractéristique d'absorber le fer présent dans leur alimentation en quantité largement supérieure à leurs besoins. Ce fer excédentaire est stocké par l'organisme dans plusieurs organes, dont le cœur, le pancréas, et surtout le foie. Il est la cause de symptômes peu spécifiques au départ, comme une grosse fatigue ou des douleurs articulaires. A la longue, il finit cependant par entraîner des désordres très graves : du diabète insulino-dépendant jusqu'au cancer du foie, en passant par la cirrhose, l'arythmie cardiaque et les troubles sexuels. Vous trouverez plus de détails concernant cette pathologie sur le site de
l'Association Hémochromatose France. 


Une maladie génétique que l'on sait prévenir si on la dépiste à temps

Le traitement consiste en des saignées régulières jusqu'à épuisement du fer en excès. Ensuite, des saignées beaucoup plus espacées permettent de maintenir l'équilibre et le malade ainsi traité, à condition que le dépistage de l'anomalie ait eu lieu assez tôt, retrouve une existence parfaitement normale ainsi qu'une espérance de vie conforme à la moyenne. Cette pratique médicale, très efficace, fait de l'hémochromatose l'une des rares maladies génétiques dont l'on sache prévenir les complications.



Des facteurs génétiques aggravants

La gravité de l'hémochromatose varie d'un patient à l'autre selon qu'ils sont ou non porteurs de variations génétiques dans d'autres gènes que le gène HFE, qui restent à découvrir. Ainsi, tous les porteurs de la mutation C282Y en deux exemplaires (homozygotes) ne sont pas forcément condamnés à développer les formes les plus sévères de la maladie. Notre équipe a pour objectif d'identifier ces gènes aggravants afin de disposer de tests génétiques permettant de prévoir l'évolution de la maladie.

Un modèle expérimental chez la souris

Notre équipe travaille sur des souris chez lesquelles le gène HFE a été rendu non fonctionnel (souris KO). Ces souris développent une surcharge en fer intrahépatique dont l'intensité varie en fonction de la souche et donc du fond génétique. Elles constituent donc un modèle idéal pour localiser les gènes aggravants de l'hémochromatose et leur étude nous a récemment permis de positionner plusieurs de ces gènes sur les chromosomes 3, 7, 8, 11 et 12. 





Dépôts de fer (en bleu) sur une coupe histologique de foie




Lésion cancéreuse dans le foie d'un patient atteint d'hémochromatose






La saignée : un traitement apparemment d'un autre âge mais très efficace en cas d'hémochromatose
















Les souris dont le gène HFE a été inactivé : un modèle  expérimental d'hémochromatose